Après 4 jours de coups de pédale et autres aventures, je suis arrivée à la maison parentale à Hawkesbury (oui oui, comme dans la chanson) en fin d’après-midi jeudi. À la grande joie de maman cigale qui, je vous le dis, pourrait décrocher la médaille d’or tellement elle pratique bien cette discipline que l’on appelle «inquiétude» et qui n’aime pas du tout cette idée farfelue de cyclotourisme! Qu’ai-je fait pour la rassurer? Je lui ai raconté mes bévues bien sûr.
L’aventure a débuté dimanche matin, sous un soleil radieux, mes sacoches de vélo bien remplies – on ne sait tout de même jamais de quoi on pourrait avoir besoin. J’ai monté la côte Deligny, passé par Cartier, traversé Sillery, Cap-Rouge et St-Augustin pour enfin quitter le terrain familier de la grande région de Québec, direction Trois-Rivières. Le Chemin du Roy (première route carrossable du Canada!) me réservait de belles découvertes en passant par les magnifiques villages de Portneuf et de la Mauricie (j’ai particulièrement aimé Grondines). Bien sûr, j’ai également traversé des kilomètres de champs de maïs. Et les cigales étaient au rendez-vous, elles m’ont accompagné toute la journée en chantant sous ce soleil ardent. Et j’ai croisé à plusieurs reprises un « homme de ma vie » cycliste, mais il allait toujours dans la direction opposée.
À Trois-Rivières, après une douche bien méritée au gîte La maison des Leclerc (maison familiale de Félix tout de même!), j’ai dévoré un spaghetti sur une terrasse en admirant le fleuve. Le serveur n’était pas mal non plus…
Mais les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Le lendemain, oh malheur, les cigales ne chantent plus. C’est le déluge, l’orage, le tonnerre! J’ai laissé passé le pire, mais il pleuvait toujours abondamment quand j’ai quitté le gîte vers 10h30, un peu tard comme départ. Malgré tout, la route se passe bien, il n’y a pas de vent et bientôt la grosse pluie plate n’est plus qu’une petite bruine. J’étais bien contente de croiser d’autres cyclotouristes, je n’étais donc pas la seule cinglée sur le Chemin du Roy par ce temps de c__ .
Près de Berthierville, mon estomac s’est manifesté. Toujours sur ma petite route de campagne (l’accotement de la route 138), complètement détrempée, je me suis arrêtée pour repérer un resto (casse-croûte ou tout autre source de revitaillement).
Avis à vous, chers véloistes, prenez garde où vous arrêtez! Je me trouvais en face d’un concessionnaire de tracteurs, à vrai dire je ne sais pas si c’était un concessionnaire ou un genre de vieux garage, je n’ai pas eu le temps de m’attarder plus longtemps.
J’ai entendu aboyer, ensuite grogner??? En me retournant, j’espérais bien apercevoir un caniche ou peut-être un chihuahua (petits chiens jappeux sans grande conséquence), mais non! Pas un, mais deux Rottweiler. Pas de panique, j’adore les chiens. Mais eux n’ont pas l’air de m’aimer? Chiens amis? Non, pas chiens amis? Pourquoi vous courez? AAAAAAH! J’ai remis les pieds sur les pédales! Je me suis retournée et ils étaient toujours là, collés à ma roue arrière (et surtout à mon mollet). Je crois bien avoir établi un record personnel de vitesse. Ce qui m’est passé par la tête à ce moment précis, après avoir été pourchassée par deux monstres – et toujours complètement détrempée – ce sont les automobilistes qui ont bien dû rigoler, bien au sec dans leur voiture. Le fou rire a remplacé ma faim, j’ai filé jusqu’au traversier de St-Ignace-de-Loyola / Sorel et je me suis contentée d’une barre tendre. Au revoir Chemin du Roy!